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mar
15

Cessez de Blâmer le Capitalisme Pour les Échecs du Gouvernement

En commentant sur la crise le Président Français Nicolas Sarkozy a affirmé récemment que le “laissez-faire” économique était terminé. Que le règne des marchés tout-puissants qui savent tout mieux que tout le monde est terminé.

Au Québec, l’ex-Premier Ministre Bernard Landry nous parle dans ses conférences de plus de réglementation pour solutionner la crise. Plus à gauche il y a Québec Solidaire qui par le biais de son unique député Amir Kadhir met la faute sur « ces pouvoirs financiers de Wall Street, de Bay Street, de Québec inc. » qui auraient imposé leur loi économique, « leur appétit pour la spéculation, le profit maximum, une économie casino ». Au fédéral, Stephen Harper joue le jeu de la gauche afin de garder le pouvoir.

En fait, ils partagent le point de vue de bien des gens, incluant en partie celui du Président Obama, qui pense que la crise a été causée par “l’avidité effrénée” du marché qui aurait été déclenchée par des décennies de dérégulation de l’économie. La solution proposée afin de résoudre la crise consiste en une intervention massive de l’État. Que ce soit plus de fond de dépannage (bailout), plus de réglementation, des nationalisations ou d’autre combines du genre. La seule question que l’on entend depuis le premier jour c’est, comment le gouvernement va-t-il intervenir? , et non, le gouvernement devrait-il intervenir?

Aux États-Unis le problème est plus large que la crise. Il y a des millions d’Américains sans assurance maladie? C’est parce que l’on a laissé le système de santé aux mains de la libre entreprise nous dit-on. La solution: la prise de contrôle complète de la médecine par le gouvernement. Quelques entreprises auraient commis de la fraude? Cela doit être parce que l’on n’a pas assez réglementé le monde des affaires. La solution : ralentissons les corporations avec des lois du genre Sarbanes-Oxley.

Au Québec suite aux pertes de la Caisse de Dépôt et de Placement on réclame plus d’intervention gouvernementale tout mêlant politique et affaires.

« Québec Solidaire a raison de dénoncer leur influence excessive: elles n’ont pas de leçons à donner au Québec. »  nous dit Louis-Philippe Lafontaine dans son billet intitulé « La dictature des agences de notation ». Par le Quebec il entend le gouvernment du Quebec. Alors qu’en fait c’est le gouvernement du Québec qui devrait se désengager de la CDP et laisser les lois du marché suivre leurs cours sans « contrôle démocratique ». Le contrôle démocratique est contraire à la liberté que doit avoir le monde des affaires. Le problème c’est que démocratie ne veut pas dire liberté. La démocratie c’est simplement le majoritarisme, qui est par nature incompatible avec la vraie liberté offerte par le capitalisme pur.

Le capitalisme est un bouc émissaire pratique ces jours-ci, pourtant il n’a causé aucun des problèmes précités. En effet, vous pouvez appeler cet espèce de mélange indiscipliné de liberté et de contrôle gouvernemental que l’on connaît depuis des décennies ce que vous voulez mais ne l’appelez pas « capitalisme ». Parce que les gens d’affaire au Canada, aux États-Unis et dans le reste du monde occidental ne sont malheureusement pas, croyez le ou non, dans un système capitaliste.

Prenez du recul et rappelez vous le temps juste avant les années Reagan aux États-Unis. La croissance explosive du gouvernement Américain durant les années 60-70 a conduit le pays et le monde dans une récession. Il y avait un fardeau fiscal écrasant, un taux élevé d’inflation, un taux de chômage brutal et une stagnation économique qui ont mené les Américains vers une autre alternative. Cette alternative c’est le Président Reagan qui l’a offerte en dénonçant l’intervention de l’état qui a créé la récession et en promettant « un jour nouveau pour l’Amérique.»

Sous Reagan, les taxes ont été réduites, l’inflation s’est calmée, des réglementations ont été abandonnées et l’économie a subitement repris des forces. Alors que les marchés avaient la capacité de fonctionner a un degré supérieur que par le passé, la plus grande partie des réglementations et de l’état-providence sont restés intacts et les dépenses gouvernementales ont continué à augmenter. Cela a été de mal en pis avec les administrations suivantes. Prenons le cas du Président George W Bush qui se disait le champion des marchés libres et qui a malgré tout a présidé à un contrôle gouvernemental massif via la loi Sarbanes-Oxley ainsi qu’à un énorme programme d’assistance sociale pour les prescriptions de médicaments. Si c’est ça la liberté de marché, je me demande dans quel monde on vit ?!?

Rien de tout cela n’est compatible avec le capitalisme. Le capitalisme est le seul système économique qui reconnaît pleinement les droits individuels incluant celui de la propriété privée. La philosophe Ayn Rand a défini le capitalisme comme étant “l’abolition de toute forme d’intervention gouvernementale dans la production et le commerce, une séparation totale de l’économie et du gouvernement.” “Laissez-faire” veut dire “laissez-faire”: aucun droit d’assistance gouvernementale, aucune manipulation de la banque fédérale, aucune réglementation intimidante, aucun contrôle, aucune interférence gouvernementale dans l’économie. Le rôle du gouvernement dans une société capitaliste se limite à protéger les droits des individus en les protégeant de toute violation de ces droits tout en les protégeant aussi contre la force et la fraude.

Les États-Unis et le Canada ont été proche de ce système dans la dernière partie du XVIIIe siècle. Cela a résulté en une explosion des richesses et une augmentation du niveau de vie. Même aujourd’hui alors que les restants de capitalisme sont estropiés par les contrôles gouvernementaux incessants, on constate que ce sont les pays les plus libres et ceux qui ont le plus d’éléments capitalistes qui ont le plus haut niveau de vie.

Pourquoi blâmerait-on le capitalisme, alors qu’il n’est pas vraiment mis en pratique? Observons la crise actuelle. Les causes de celle-ci sont complexes mais sa force directrice c’est l’interventionisme de l’État et l’interventionisme de l’État est contraire à l’essence même du capitalisme: la Réserve fédérale des États-Unis et la Banque du Canada gardent leurs taux d’intérêts sous le taux d’inflation, encourageant ainsi les gens à emprunter en donnant un élan à la bulle immobilière. Aux États-Unis il y a le Community Reinvestment Act qui force les banques à prêter aux familles pauvres ou qui ont un mauvais crédit. La création de Fannie Mae et Freddie Mac avec des dettes garanties par le gouvernement ont créé des taux hypothécaires artificiellement en créant l’illusion que ces prêts subprime étaient globalement sûrs et rentables.

Des agences licenciées par le gouvernement donnaient alors une cote de crédit AAA à ces prêts hypothécaires garantis par le gouvernement en créant ainsi un faux sentiment de sécurité. L’assurance dépôt et les tenants de la doctrine du “c’est trop gros pour faire faillite” ont corrompu le système financier. Ceci explique pourquoi c’est l’intervention gouvernementale qui a créé la crise des subprimes de 2007. Qui peut alors affirmer sérieusement que les subprimes et les marchés financiers étaient aux limites d’un “capitalisme de cowboy” alors que le tout a été crée avec l’intervention même de l’État?

Cela est juste un exemple de pattern qui survit depuis que le capitalisme a pris son essor: le capitalisme est toujours blâmé pour les maux causés par l’intervention du gouvernement. Alors on propose encore plus d’intervention gouvernementale comme remède. Quoi dire de la Grande Dépression? Malgré les preuves historiques démontrant que c’est la réserve fédérale américaine et le gouvernement qui ont causé la crise de 1929 tout en rendant l’économie incapable de se ressaisir, on a blâmé le laissez-faire. Conséquemment, le pouvoir du gouvernement n’a pas été réduit mais élargi. Quoi dire aussi de la crise de l’énergie des années 1970? Malgré les preuves irréfutables que cette crise fut causée par l’inflation monétaire aggravée par l’abandon du « gold standard » par l’administration Nixon et empirée par le contrôle des prix, ce sont les pétrolières « cupides » qui ont subi les reproches. La solution fut encore d’apporter plus de contrôle gouvernemental.

Il est temps de cesser de blâmer le capitalisme pour les péchés de l’interventionnisme gouvernemental et donner à la politique du “laissez-faire” sa chance.

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mar
12

La lune de miel d’Obama s’éclipse

ÉTATS-UNIS  - Plusieurs démocrates s’inquiètent du fait que certains électeurs ne comprennent pas le lien entre le sauvetage de l’économie américaine et la politique actuelle d’Obama. Un programme incluant le sauvetage financier du système bancaire, la politique vis à vis des saisies de biens immobilier, la réforme de la santé et la politique énergétique.

Pendant que la chambre des représentants est en train de débattre  les aspects controverses du budget Obama comme l’augmentation des taxes sur les dons de charité et la coupure des subventions aux fermiers, beaucoup de gens ont l’impression que les choses vont trop vite. (The Hill)

Ceci n’est pas l’étoile de la mort dans Star Wars! C’est l’Étoile de la Dette d’Obama! ( The Debt Star)

mar
6

Femmes en politique: extinction ou mutation de l’élite du pouvoir

Avez-vous remarqué que le nombre de femmes augmente en politique au moment même où le vrai pouvoir déserte la politique.

On ne sait toujours pas pourquoi les dinosaures ont un jour disparu. On a longtemps cru que l’homme de Néandertal s’était effacé devant l’Homo sapiens parce qu’il avait le front bas ; certains chercheurs affirment désormais qu’il était au contraire supérieurement intelligent. Peut-être trop. Des millions d’années après, on se perd encore en conjectures. De même, on s’interroge encore sur la quasi-disparition des gens diplômés d’une Faculté de droit, ayant un doctorat tout en étant doté d’une expérience pertinente dans le Conseil des ministres du gouvernement Charest. On le constate, c’est tout.

Cela ressemble à la fin d’un monde. Deux ministres correspondent au profil. Claude Béchard et Raymond Bachand comme l’incarnation figée pour l’éternité du style du politicien classique ; la Vice Première Ministre Nathalie Normandeau, comme la dernière génération des technos new look, abâtardie déjà, féminisée et médiatisée par le biais de « l’équité homme-femme” en politique. Le Curriculum Vitae de Nathalie Normandeau n’est pas vraiment impressionnant. À quoi sert un Certificat en études africaines, de l’Université Laval quand on est Ministre des Affaires municipales ? Tiers-mondiser le Québec peut être?

Charest a dû prendre des femmes, pour des raisons politiques, et faire avec le peu qu’il avait. Il est aussi bon de noter qu’un nombre croissant de femmes apparaissent en politique au moment même où dans l’histoire du Québec le vrai pouvoir déserte la politique.

Depuis environ 20 ans et surtout au niveau provincial les gouvernements n’ont plus les clés du chômage, de l’emploi etc. Dans la mondialisation les politiciens traitent des problèmes de société car ce sont les seuls problèmes qu’ils ont le pouvoir de traiter et ceci explique le nombre croissant de femmes ministres. Elles ne peuvent pas traiter des grands sujets dont elles ne savent pas grand-chose et de toute façon même si elles en savaient quelque chose elle n’ont pas le pouvoir d’agir. Je citais plus haut l’exemple de la Caisse de Dépôt qui a perdu près de 39 milliards ou Standard & Poors a avisé la ministre Monique Jérôme-Forget de ne pas mêler le gouvernement au conseil d’administration de la Caisse de Dépôt et de Placement tout en plaçant la cote de crédit de la société d’État sous surveillance avec «implications négatives» pour une période de trois mois.

Résultat : La ministre Forget a dû renoncer à une commission d’enquête. Elle n’a aucun pouvoir … Donc il y aura probablement une commission parlementaire pour enterrer l’affaire.

Il y a même le clown Amir Khadir qui a enjoigne la firme de cotation Standard & Poor’s de cesser de se mêler des affaires du Québec et de traiter les Québécois « comme des colonisés ». La n’est pas le problème mon cher Amir! Le problème c’est que la mondialisation a fait baisser le pouvoir des gouvernements tant au fédéral qu’au provincial. Les financiers internationaux dominent l’économie et par le fait même les politiques adoptées par nos gouvernements; Québec n’est qu’un nain, face aux tycoons mondiaux ; La majorité des législations sont dictées par les tendances en cour et par les accords internationaux, (on a qu’à se rappeler de Charest qui prenait les ordres d’Al Gore lors de sa dernière visite au Québec en avril 2008) . Les « lois » du Québec, jadis indépendantes, sont désormais le produit de « compromis » passés avec les partenaires du Québec. Le sort de l’agriculture du Québec, par exemple, ne dépend plus que des négociations au sein du Canada et de l’OMC. Il en va de même pour le sort de la Caisse de Dépôt d’où les firmes de crédit régissent la politique du gouvernement d’où le choix de Monique Jérôme-Forget, qui n’a aucune compétences adéquates pour être Ministre des Finances. On a qu’à jeter un coup d’oeil sur son CV pour voir une série d’études non-terminées. C’est le genre qui ne termine pas ce qu’elle commence sauf, bien entendu, son Doctorat en psychologie. En passant, depuis quand les psychologues sont-ils qualifiés pour exercer la fonction Ministre des Finances au Québec? Réponse : Depuis que le vrai pouvoir a déserté la politique comme je l’explique plus haut.

Iriez-vous voir un psychologue pour gérer vos placements financiers? C’est à pisser de rire. Charest avait seulement besoin d’une femme parce que ça parait bien en politique voila tout.

C’est la même chose dans la haute fonction publique, les hommes les plus brillants, profitant de la vague de privatisations engagées dans les vingt dernières années, ont depuis investi les places les plus gratifiantes dans les grandes entreprises. Salaires mirobolants, stock-options pantagruéliques et stratégies d’entreprises planétaires. Nos plus hauts fonctionnaires ont intégré avec délectation les rangs cossus de la bourgeoisie mondiale. Ils se sentent citoyens du monde.

Ces purs produits de l’intelligence produite au Québec regardent désormais leur terre natale de loin, avec une pointe de commisération. Un poste de ministre leur semble une régression professionnelle. Un poste de femme!

Nous vivons une période transitoire où la domination du politicien classique n’est plus et où celle de leurs successeurs n’est pas encore.

Autre blogs traitant du meme sujet:

Les femmes en politique
Les femmes invitées à faire le saut
Pourquoi je ne voterai jamais Quebec Solidaire

mar
5

Radio-Canada: Érection Féministe

Lundi dernier, je me suis attardé à regarder l’émission Virginie sur Radio-Canada. Une émission qui a débuté en 1996 et dont l’équipe de production est constituée majoritairement de femmes. L’émission dont la qualité du jeu des acteurs laisse à désirer, reflète bien la féminisation de la société québécoise dont je parlais dans mon récent billet intitulé … Plus je respecte une femme et moins je bande!

Le personnage de Jean-Pierre interprété par Pierre Béland reflète bien le mâle féminisé. Sa femme le triche avec un autre homme et il pleure. Il en discute avec ses amis en se demandant ce qu’il n’a pas fait correctement pour qu’elle le quitte pour un autre. Il croit qu’elle le quitte parce qu’il n’a pas pris assez soin d’elle. Il est fleur bleue et romantique. Il est souvent pris entre les arguments de sa femme et ceux de sa fille, qui se rejoignent rarement. C’était à pisser de rire tellement il parlait comme une femme. Le but de ce genre d’émission, c’est de promouvoir la pensée dominante en mettant de l’avant d’un monde domine par les femmes et par l’idéologie gay (idéologie gay affichée par le personnage de ….). Et pour couronner le tout il y a l’héroïne du show, Virginie, le modèle de jeune femme idéalisée par les féministes.  Cette émission c’est la société québécoise telle qu’elle est aujourd’hui.

Le féminisme est un nouveau puritanisme où l’on cherche à faire disparaître le désir bestial et primitif de l’homme. C’est un mouvement qui se base, entre autres, sur la réprobation et la négation de la sexualité masculine.

Je pense que la stagnation intellectuelle au Québec n’est pas due au vieillissement de la population, comme certain le prétendent, mais a sa féminisation. Les femmes contrairement aux hommes ne prennent aucun risque et ont peur du changement, c’est pour cela que rien n’a été inventé par les femmes.

Dans les années 1970 les femmes voulaient devenir comme les hommes. Elles faisaient une distinction entre l’amour et le désir sexuel. Elles avaient une sexualité d’homme, c’est-à-dire plusieurs amants etc.… Beaucoup de femmes ont pratiqué ce mode de vie et certaines d’entre elles ont réussi.

Aujourd’hui nous vivons dans une autre époque. Nous ne sommes plus du tout dans ce schéma. Les jeunes générations sont obsédées par le couple et ce que disent les féministes actuelles, c’est non plus, « nous voulons une sexualité d’hommes », mais bien  « nous voulons que les hommes aient une sexualité de femmes » et ça marche! Les hommes dans des émissions représentatives de la société comme Virginie (et bien d’autres) sont très « fleurs bleue », très romantiques. Ils veulent l’amour qui dure toujours.

Pour conclure, je pense que le féminisme est une prise en charge totalitaire de la société, une volonté de changer l’homme et la femme et de revenir sur des milliers d’années d’histoire. Les féministes disent elles-mêmes qu’il faut effacer 2000 ans d’histoire et de culture sous prétexte que les femmes auraient été victimes du patriarcat. Ce qui est entièrement faux comme je l’explique dans un de mes billet intitulé Le Mensonge Féministe: Première Partie .

mar
2

La Censure Au Québec

Procès, plaintes au CRTC, concerts d’indignation, appels à la vigilance : difficile aujourd’hui d’exprimer une pensée forte sans s’exposer à ces formes subtiles de censure qui jouent sur l’intimidation et la peur. L’actualité en fournit des exemples à un rythme incessant.

En février 2009, le porte-parole du parti Québec solidaire, Françoise David, porte plainte au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) contre l’animateur Sylvain Bouchard et la station de radio de Québec CJMF 93,3. Mme David estime que les propos de M. Bouchard et le concours qu’il a lancé violent l’article 9 du code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs auquel est soumis CJMF 93,3. La liberté de parole au Quebec et au Canada par le fait meme, semble se rétrécir comme une peau de chagrin, soit en raison d’une pénalisation du débat, soit parce que la parole libre, devient scandaleuse à force d’avoir perdu l’habitude de l’entendre, soit parce que les clercs de l’idéologie dominante, comme l’expérimente quotidiennement les André Arthur, M. Bouchard, Jeff Fillion et les autres manient avec talent l’art de l’intimidation morale.

Soit on pense comme tout le monde parce qu’on a oublié qu’il est possible de penser autrement, soit on se cache, par crainte du ridicule ou par peur : c’est ainsi que tel grand comédien, dont on imaginait que sa renommée le mettrait à l’abri des pressions, laisse entendre à demi-mot qu’il juge ridicule l’agit-prop des intermittents du spectacle, mais ne veut surtout pas qu’on l’écrive : « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous voulez que je me fasse massacrer ? »

Il n’est pas jusqu’aux bouffons du roi qui en perdent leur insolence. Certains monologues d’Yvon Deschamps, à les réécouter vingt ans après, semblent avoir été prononcés sur une autre planète, où l’on ne vivrait pas en permanence, comme sur la nôtre, dans la hantise de franchir une invisible ligne jaune, d’autant plus redoutable qu’on ne sait pas trop qui l’a fixée, ni où elle se trouve. Même certains sketches de RBO dans les années 1990 qui avaient fait rire tout le Québec, seraient certain aujourd’hui de déclencher la fureur des ligues de vertu.

Si les humoristes ont du mal à plaisanter, intellectuels, penseurs, journalistes et hommes politiques sont évidemment soumis à des contraintes bien plus pressantes. L’actualité des dernières années ne manque pas d’exemples de ce rétrécissement de la liberté de parole, toujours sous couvert d’humanisme, de respect et de tolérance. Passage en revue, arbitraire – et, bien évidemment, très loin d’être exhaustif.

Le jugement de la Cour supérieure où l’animateur Jeff Fillion se fait laminer pour ses propos à la radio. Après Amir Kadhir, ce “bien pensant” qui voudrait que les gens cessent d’être alimentés par la culture des radios-poubelles. Il oppose le champ libre laissé à ses André Arthur, à ses Jeff Fillion, à ses Sylvain Bouchard et les autres qui font selon lui une très mauvaise presse à Québec. De quel droit cet élu s’arroge le droit de dire qui a le droit de s’exprimer ou de ne pas s’exprimer en public.

Au Canada Anglais l’éditorialiste Mark Steyn du magazine Maclean est dénoncé pour ses « thèses islamophobes » du à un article intitule « The Future Belongs to Islam” . On lui prête des liens fantasmatiques avec l’extrême droite…Le Point de Bascule a publié un excellent article sur l’affaire «  Le Congrès islamique du Canada se sert de la Commission des droits de la personne pour faire de la censure « . Il est devenu risqué de porter un jugement critique sur l’Islam, comme l’a expérimenté Steyn.

Dans le débat public au Québec, quand vous êtes de gauche, féministe, anticlérical, partisan du relativisme moral ou de la société sans Dieu ni maître, il est parfaitement légitime d’exprimer vos opinions, et de les laisser vous dicter vos prises de position publiques : ça s’appelle alors “être fidèle à soi-même”. Si vous avez des convictions a l’encontre du féminisme par exemple, vous devez garder cette opinion pour vous, et en aucun cas tenter de la partager avec les autres”

De “diversité” en “technicien de sur­face”, le vocabulaire sous surveillance. Finis les mendiants, les handicapés, les voyous : bienvenue aux techniciens de surface, aux personnes sans domicile fixe, aux personnes à mobilité réduite, aux “jeunes”. Adieu les Noirs, les Jaunes et les Arabes, tous fondus dans ce grand creuset des “personnes issues de la diversité” – comme si le fait de nommer l’origine de quelqu’un revenait à lui manquer de respect. Le respect des personnes et des communautés se marie mal avec celui du vocabulaire – et l’on sait bien que la censure du vocabulaire débouche toujours sur une cen­sure de la pensée. À force de ne plus donner aux choses leur vrai nom, on finit par ne plus les voir comme elles sont.