Les effets dévastateurs de la dépendance sexuelle

Publié par admin on nov 26th, 2008 et classé sous Divers. Vous pouvez suivre toutes les réactions à ce billet par le biais de RSS 2.0. Vous pouvez réagir ou faire un trackback à partir de votre site

Lorsque David Duchovny (la star de X-files durant les années 1990) a suivi une thérapie pour sa dépendance sexuelle, il a attiré l’attention des médias sur les effets dévastateurs de la dépendance sexuelle.

George X a eu plus de 50 relations extra-maritales durant dix années de mariage. Quand cet avocat Montréalais ne forniquait pas ou ne cédait pas à la pornographie, il se masturbait plusieurs fois par jour : au bureau, sur l’heure du lunch, ou dans les toilettes lors de souper entre amis.

En revoyant son passé, le professionnel de 42 ans affirme que jamais il n’aurait cru avoir un problème de dépendance au sexe. Il ne se payait jamais de prostituées ou n’allait jamais dans les salons de « massages » car selon lui ceux qui faisaient cela avaient un « sérieux problème ». Toutefois rencontrer des femmes pour une baise d’un soir dans le dos de sa femme semblait être pour lui une forme de « vacance sexuelle ».

À chaque fois qu’il couchait avec quelqu’un il était consumé par la honte. Il se détestait lui-même, mais ne pouvait pas s’arrêter.

« Habituellement, je couchais avec quelqu’un qu’une seule fois. Après coup j’étais tellement dégoûté de moi-même que je coupais tout contact, » George X qui ne veut pas que son vrai nom soit révélé, m’a avoué au téléphone: « Je laissais tomber mes partenaires sexuels en me jurant à moi-même de plus jamais le refaire et je retournais vers ma femme en essayant d’être un bon mari. »

Mais le problème persista : il fouillait sans cesse dans les annonces classées du journal « Voir » ou se payait pour des petites annonces afin de trouver une partenaire sexuelle.

Tout cela a duré jusqu’à ce que sa femme trouve un hyperlien sur son ordinateur portable. C’était un lien allant sur un site pour hommes mariés recherchant des relations extra-maritales. La double vie de George X commença alors crouler. Elle le quitta; c’est seulement lors d’une conversation téléphonique qu’il a tout avoué. Non seulement il l’a trichée, mais il a aussi triché sa femme lors de son premier mariage. Sa deuxième femme lui dit alors « Tu sembles avoir une addiction ». C’est alors que tout s’éclaira dans sa tête.

La dépendance sexuelle de George X l’a presque ruiné. Quoiqu’il ait consulté un professionnel en compagnie de sa femme, son mariage s’est soldé par un divorce ce printemps dernier. Il a perdu beaucoup d’amis et les relations avec les membres de sa famille se sont deteriorée. Il est ruiné financièrement. De plus, en atteignant son « bas-fond », il est devenu suicidaire.

« Je me tenais de bout sur un pont près de Québec en me demandant si je devais sauter.» M’a-t-il confié. «  Je l’ai presque fait. J’ai blessé ma famille et mes amis et je ne savais pas pourquoi. Je ressentais au fond de moi que j’avais tout perdu. »

Deux jour plus tard, George X  assiste à sa première réunion des Sexaholique Anonyme dans le centre ville de Montréal. « J’étais complètement désespéré et en allant à l’une de ces réunions, j’ai retrouvé l’espoir » me dit-il. « C’est l’amour inconditionnel et le support émotionel  qui fait que les gens vont a ces réunions. » Me confia-t-il.

George X  se décrit comme étant dans sa troisième année de rétablissement de la dépendance sexuelle. Il me dit qu’il ne peut parler au nom de Sexaholique Anonyme et qu’il préfère raconter son histoire pour que les gens qui sont dans la même situation que lui, sachent qu’il y a de l’aide disponible.

Dernièrement aux États-Unis, la dépendance sexuelle a attiré l’attention des médias lorsque l’acteur David Duchovny jouant le rôle d’un écrivain obsédé sexuel dans l’émission de télé americaine Californication a séjourné en maison de traitement pour sa dépendance sexuelle au mois d’août dernier.  De plus, le thème fait surface dans le film Québécois de Lyne Charlebois intitulé Borderline. Et dans le film intitulé Choke qui se base sur le roman de Chuck Palahniuk, Sam Rockwell joue un étudiant en médecine déchu qui fréquente les groupes de dépendant sexuel.

C’est le psychologue Américain, Patrick Carnes, qui a fait découvrir la dépendance sexuelle au public en publiant son livre intitulé Out of the Shadows: Understanding Sexual Addiction (disponible en Anglais). Par la suite, en 1992, il publie le livre Don’t Call It Love: Recovery From Sexual Addiction où il expose les résultats d’une étude menée sur 1000 dépendant sexuels et leurs proches.

Selon Carnes de 3 à 6 pourcent de la population américaine est dépendante du sexe. Carnes ne parle pas ici  de ceux qui ont une forte libido. Il explique que la dépendance sexuelle « est un comportement compulsif qui domine tous les aspects de la vie de la personne qui en souffre ». Carnes explique sur son site Web que « pour les dépendants sexuels, le sexe a priorité sur leur famille, leurs amis et leur travail. Le sexe devient le principe organisationnel de leurs vies. Il sont prêt a y sacrifier ce qu’ils aiment le plus afin de préserver leur comportement malsain».

La dépendance sexuelle ne se caractérise pas par un seul comportement, elle peut mener à la masturbation compulsive, la consommation compulsive de pornographie ou de prostitution, des relations hétérosexuelles ou homosexuelles compulsives, l’exhibisitionisme, le voyeurisme, les coups de téléphone obscènes, des attouchements sexuels sur des enfants, la violence, le viol, et l’inceste.

« Mêmes les aspects sains et normaux de la sexualité humaine peuvent devenir malsains. » Affirme Carnes.

Dans son livre Don’t Call It Love Carnes nous donne les résultats de questionnaires remplis par 752 hommes et 182 femmes dépendant(e)s sexuels, la plupart d’entre eux ont été admis pour traitement dans un hôpital du Minnesota. Les autres ont passé au moins deux en dans un groupe d’entre aides ou un programme de douze étapes pour dépendant sexuels.Parmi les gens faisant partie de l’étude de Carnes, 63% étaient hétérosexuels, 18% homosexuels, 11% étaient bisexuels et 8% n’étaient pas sur de leurs préférences sexuelles.

Carnes écrit que 97% des dépendant on dit avoir perdu l’estime d’eux-mêmes alors que 96% se sentaient coupables et honteux, 91% avaient un sentiment profond de désespoir et 90% ont affirmé avoir un comportement contraire à leurs valeurs.

De plus Carnes a découvert que 42% des dépendant sexuels avaient aussi un problème de drogues et/ou d’alcool.  De plus, il a constaté que 81% des participants a son étude avaient subi des d’abus sexuels dans le passé

George X du Plateau Mont-Royal a une histoire semblable. Il a subi des attouchements dès l’age de 9 ans par un étranger alors qu’il jouait au parc Lafontaine. Suite à l’agression, tout a changé. Ses résultats scolaires ont chuté et il a commencé à se masturber à toute heure du jour.

Il me raconta : « Avant même d’atteindre la puberté, j’étais compulsif au point de me masturber jusqu’à me faire mal. J’ai commencé à utiliser la masturbation pour ne plus ressentir les choses et me fuir moi-même. »

A l’age de 30 ans, il rencontrait des femmes dans des chambres d’hôtel, ces relations procuraient à George X  une euphorie temporaire.

« Je me sentais comme un moins que rien … J’avais besoin que quelqu’un ait besoin de moi. » m’expliqua-t-il.

On peut lire dans le blog Secret et Solitude :  « Malheureusement, la dépendance sexuelle est souvent ridiculisée ou considérée comme un atout aux yeux des autres. Mais le fait demeure que cette dépendance, est aussi difficile à supporter ou tolérer sinon davantage qu’un autre type de dépendance parce qu’elle implique forcément quelqu’un d’autre, dans la plupart des cas. Lorsqu’un ou une personne souffrant de dépendance sexuelle n’est pas diagnostiquée, l’incompréhension du partenaire se change en tensions, et ces tensions finissent par user la stabilité du couple »  lien

Ici au Québec il y a des cliniques comme la  Clinique du Nouveau Départ qui prétendent offre une aide aux dépendant sexuels.

Pour en savoir plus :

Sur le Forum Aufeminin.ca, on y discute de dépendance sexuelle.

Il y a aussi le forum Doctissimo où l’on y discute aussi de dépendance sexuelle.

Le site orroz.net est un site présentant les risques de la dépendance à la pornographie et des témoignages.